Pourquoi les introvertis peuvent réussir mieux que les autres (et comment).

Parler quand on est introverti

Admettons-le.

Nous ne sommes pas des extravertis, bien au contraire, nous sommes introvertis. Si nous étions extravertis nous aurions probablement choisi un autre métier.
Nous tirons notre énergie de notre monde intérieur, nous sommes des gens calmes et réservés. Nous aimons réfléchir seuls et nous aimons écouter. Nous préférons les conversations en tête à tête plutôt que les contacts avec de multiples personnes. Nous avons une bonne concentration et nous préférons réfléchir avant d’agir.
En tout cas, c’est ce que je suis, et si vous êtes comme moi, le travail en entreprise est parfois difficile.

Le travail en entreprise est plus difficile pour les introvertis.

Le monde de l’entreprise est persuadé que la créativité et la performance viennent du travail en équipe. Le génie solitaire n’existe pas. 91% des managers de haut niveau estiment que les équipes sont la clé du succès (Suzan Cain ; Quiet: The power of introverts in a world that can’t stop talking).*

Ce modèle est plus favorable aux extravertis : il implique réunions, travail en équipe, présentations orales devant un auditoire. Il vous faut assister à ces réunions et vous exprimer, mais vous préférez réfléchir avant de parler. Quand vous avez trouvé ce que vous voulez dire, la conversation est passée à un autre sujet. Sans oublier que le feu roulant des personnalités extraverties vous intimide.

Il faut faire des présentations orales, ce que vous détestez. Pour être à l’aise et capter l’attention de votre auditoire, il vous faut préparer la présentation très longtemps et vous avez rarement le temps.

Les réunions, le travail en équipe et les présentations devant un auditoire consomment notre énergie alors que les extravertis, eux, sont énergisés par ce genre de défi.

Ce n’est pas tout, vous subissez des remarques sur votre réserve. Les introvertis pâtissent d’une idée reçue : les extravertis seraient plus sociables que les introvertis. En réalité, les extravertis et les introvertis ne socialisent pas de la même façon. De plus, le fait d’avoir des amis proches ne dépend pas d’un niveau d’extraversion mais d’un autre trait de la personnalité : l’agréabilité.

Et pour finir, les introvertis sont souvent vus comme timides mais la timidité (peur du jugement social) n’a rien à voir avec l’introversion. Les extravertis peuvent aussi souffrir de timidité.
Silencieux en réunion, pas vraiment charismatiques devant un auditoire, peu sociables et timides, les introvertis ont du mal à convaincre leur DRH et le senior manager de leurs qualités de leaders.
Et pourtant, diriez-vous qu’Abraham Lincoln, Mahatma Gandi, Bill Gates ou Mark Zucherberg ne sont pas des leaders ?

Prenez conscience de vos forces.

Vous êtes un excellent négociateur.

Vous savez écouter, par conséquent vous êtes de bons négociateurs à chaque fois qu’il faut davantage écouter que parler et que l’harmonie est préférable au conflit. En utilisant ce style vous excellez dans les négociations qui nécessitent une solution “gagnant – gagnant” (accomodating ). Vous pouvez prendre des positions agressives sans remettre en cause l’ego de votre interlocuteur. Et c’est en étant à l’écoute de ce qui motive votre interlocuteur et de ses besoins que vous serez capable de proposer une solution satisfaisante pour les deux parties.

Vous aimez lire.

Demandez son avis à n’importe quel expert reconnu dans n’importe quel domaine : il lit, il lit tout ce qu’il peut trouver sur son sujet de prédilection, il connaît même toutes les théories du passé et qui sont complètement obsolètes. Alors, lisez tout ce qui vous tombe sous la main dans votre domaine professionnel et devenez un expert.
Vous améliorerez vos connaissances et vos compétences, vous serez crédible et vous deviendrez une autorité. Et cela facilitera les discussions avec les personnes que vous rencontrerez.

Vous persistez et vous réussissez.

Les extravertis sont sensibles aux récompenses et aux gratifications alors que les introvertis trouvent leur récompense dans le travail lui-même. Par conséquent, vous persistez et vous réussissez. Einstein, introverti reconnu, disait :

“Je ne suis pas si intelligent que ça, je passe plus de temps sur les problèmes.”

Vous savez détecter les dangers.

Les extravertis “vibrent” plus facilement que les introvertis et c’est une sensation agréable qui les pousse à travailler dur et à prendre des risques. Au contraire, vous êtes capable de voir les signaux de danger que les extravertis négligent. Il en résulte que les introvertis prennent 28% de risques de moins que les extravertis.
Dans un échange avec Jack Welch, Suzan Cain a fait remarquer que les extravertis, qui avaient le pouvoir à Wall Street avant la crise, auraient dû écouter les introvertis. La réponse de Jack Welch est frappée au coin du bon sens : “Les extravertis pourraient faire valoir qu’ils n’ont pas entendu les introvertis”.
Les introvertis ont besoin de faire confiance à leur instinct et de faire valoir leurs idées aussi fort qu’ils le peuvent. Mais ils ne doivent pas imiter les extravertis, ils doivent choisir un mode de communication qui leur convient.
Ce qui nous amène à la question : comment vous faire entendre ?

Cet article est le premier article d’une mini-série sur les introvertis :

* Les liens vers Amazon sont sponsorisés : si vous achetez ce livre ou cet outil, je touche une commission, ceci étant dit, je ne recommande que des livres que j’ai lus personnellement ou des outils que j’utilise personnellement. Catherine

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