Les financeurs de votre start-up : mode d’emploi

Trouver un financeur

La finance n’est pas votre métier: loin de là ! Mais eux, c’est leur métier ! Ils passent leur vie à analyser des états financiers et à les juger. Ils ? Les banquiers et les investisseurs ! Ils sont vos possibles financeurs.

Comprendre les attentes des financeurs et la façon dont ils jugent votre business plan vous permettra d’obtenir plus facilement le financement dont vous avez besoin.

Obtenir un financement

Dans tous les cas, pour obtenir le financement de votre start-up, il vous faut :

  •  Un bon business plan : il formalise et communique votre vision, explique les actions que vous allez mettre en œuvre pour réussir.
  • La compréhension des enjeux de vos interlocuteurs : les banquiers et les investisseurs n’ont pas les mêmes attentes que vous.
  • Savoir communiquer sur votre projet.

Comprendre les attentes des banquiers

Qu’est-ce que les banquiers attendent de vous ?

Le métier du banquier est de prêter de l’argent, mais en aucun cas son métier est de prendre un risque.

C’est pourquoi tout votre business plan doit démontrer que vous allez être capable de le rembourser.

Comment les banquiers analysent-ils votre demande ?

Dans l’analyse de votre business plan, les banquiers vont prendre en compte :

  • La note globale qu’ils ont attribuée à votre secteur. En d’autres termes, si votre start-up est dans un secteur sinistré (le textile par exemple), vous aurez moins de chance d’obtenir un prêt que dans un secteur porteur (les nouvelles technologies).
  • Les risques spécifiques du projet à financer. C’est à ce niveau que la qualité de votre business plan entre en jeu.
  • La qualité du collatéral, c’est à dire de ce qui est donné en garantie, et évidemment leur préférence va à la garantie du créateur ou à la garantie d’OSEO.

Devez-vous avoir recours à plusieurs banques ?

Avoir recours à plusieurs banques, c’est multiplier les chances d’obtenir une aide financière en cours d’exploitation. De plus, les banquiers apprécient de voir que d’autres organismes, banques ou investisseurs sont également prêts à vous suivre.

Mais cela présente des contraintes :
Le banquier attend que vous lui confiiez un volume de transaction suffisant pour lui permettre de gagner de l’argent.
Par conséquent, avoir plusieurs banques suppose que vous ayez suffisamment de volume de transactions pour le répartir entre les banques. Au quotidien, il vous faudra gérer cette répartition, ce qui prend du temps.
Quelle que soit votre décision, maintenez de bonnes relations avec votre banque ou avec vos banques.

Comprendre les attentes des investisseurs

Qu’est-ce que les investisseurs attendent de vous ?

Ce peut être leur métier… ou pas.
Dans tous les cas, ils cherchent à investir dans des projets qui leur rapporteront plus que des investissements sans risque: obligations pour les professionnels ou contrats d’assurance vie pour les particuliers.

Ils sont disposés à prendre des risques mais ils s’attendent, en retour de risques plus ou moins assumés, à gagner beaucoup d’argent.

Qu’est-ce qu’un dossier convaincant pour des financeurs ?

  • Votre business plan est cohérent : votre plan d’actions commerciales découle logiquement de votre stratégie marketing et les hypothèses de votre plan d’actions commerciales conduisent au CA prévisionnel.
  • Vous vous versez un salaire raisonnable, ni trop faible (vous devez croire en votre projet), ni trop élevé (votre investisseur finance une entreprise, pas les salaires des dirigeants).
  • Les tableaux de financement de votre business plan respectent les règles de financement d’une entreprise.
  • Vous avez des contrats signés avec des clients ou au moins des lettres d’intention.
  • Vous êtes ouvert aux remarques des investisseurs.
  • Vous êtes capable de faire la présentation de votre business plan vous-même, sans la présence d’associés ou de conseils.

Allez-vous perdre le contrôle de votre société ?

Vous pouvez être réticent à accepter la présence d’investisseurs parce que vous craignez de perdre le contrôle de votre société.

La valorisation de votre société

Si votre start-up a un fort potentiel, les investisseurs peuvent accepter d’acheter ce potentiel.
Par exemple, vous créez votre entreprise avec un capital de 50 000 euros, c’est à dire 5 000 actions à 10 euros. Attirés par le potentiel de votre société, les investisseurs peuvent accepter de payer 50 euros pour une action dont la valeur nominale reste à 10 euros.

Dans ce cas, si vos futurs associés investissent à leur tour 50 000 euros, voici ce qui se passe :

Après la création d’entreprise

Capital     50 000
Fonds propres     50 000

Vous détenez 100% du capital

Après l’augmentation de capital

Capital    60 000
Prime d’émission*     40 000
Fonds propres  100 000

 

Explications :
La valeur nominale des actions est déterminée à la création de la société.
Votre capital initial : 50 000
Augmentation de capital : 10 000 (1 000 actions à 10 euros)
Nouveau capital : 60 000
* La différence entre le prix que les actionnaires ont effectivement payé (50€) et la valeur nominale (10€) est la prime d’émission.
Prime d’émission : 40 000 = 1000 x 40 = 1000 x (50-40)
Nouveaux fonds propres : 100 000
Vous détenez 83,33% du capital en ayant investi 50% (50 000 / 100 000) des fonds propres.

 

Les avantages d’une telle opération sont clairs : ils vous permettent de garder le contrôle de votre entreprise.
Mais il n’existe pas réellement de méthode pour valoriser une start-up. Sa valorisation dépendra donc beaucoup de votre capacité à la vendre. De plus, il vous faut gérer la relation avec vos investisseurs. Une valorisation trop élevée (et seul l’avenir dira si c’est le cas) peut conduire à une déception de la part de vos investisseurs et donc à un refus de vous suivre dans une nouvelle levée de fonds, ce qui pourrait avoir un effet désastreux sur de potentiels nouveaux investisseurs.

Les actions sans droit de vote et à rendement prioritaire

Pour garder le contrôle de votre société, vous pouvez envisager l’émission d’actions sans droit de vote et à rendement prioritaire. Dans ces cas les dividendes sont majorés et versés en priorité.

Vous l’avez compris, financer sa start-up est un enjeu important et vous pouvez vous faire accompagner par des experts. Mais dans tous les cas, c’est vous et non l’expert qui subirez les conséquences des choix qui seront faits. Par conséquent vous ne pouvez pas faire l’économie d’acquérir un minimum de compétences dans ce domaine.

Cet article fait parti d’une série de deux articles sur le financement des start-up

  1. Augmentez vos chances de financer correctement votre start-up
  2. Les financeurs de votre start-up : mode d’emploi
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