Evaluation par la méthode des flux de trésorerie

DCF Discounted Cash Flows

Le contenu de cet article est destiné à expliquer la méthode des DCF, reconnue par l’Administration Fiscale française et à donner les formules principales de calcul pour cette évaluation financière de l’entreprise, ainsi que quelques chiffres habituels pour des secteurs d’activité.

La méthode

1. – la 1ère opération consiste à connaître les ratios habituels du secteur d’activité de l’entreprise (analyse normative), dont on peut avoir un modèle à partir de bases telles que Diane. Les ratios concernent les délais de paiement clients, fournisseurs, stocks, rentabilité d’exploitation, BFR, etc en jours de CA.
2. – La 2ème consiste à connaître toujours pour ce secteur d’activité l’horizon d’un cycle d’investissement. En effet la méthode, dont le fondement est l’établissement des budgets futurs sur cet horizon afin d’établir les flux d’exploitation et de trésorerie surtout, ne doit pas être faussé par l’oubli de ce poste primordial à la vie de l’entreprise et sa pérennité. Cela a aussi l’avantage de se poser des questions sur l’avenir à moyen-terme de l’environnement économique (crise ou euphorie potentielle, réglementation connue à venir, …) sur cet horizon.
3. L’AMF recommande 5 ans; pour le BTP/construction envisager 10 ans, pour les technos de l’information envisager 3 ans.
4. – La 3ème consiste à établir le Business Plan sur cet horizon à partir de l’existant (données de la cible – CA, clients, montage financier envisagé pour la reprise et son développement – ) au début de l’analyse. A partir de là, on a une vision théorique des flux d’exploitation et de trésorerie, et on s’y tient même s’il faudra continuer à faire vivre ce BP.

La formule

soient V = valeur d’entreprise, Vn = valeur terminale, N = nb années horizon, k = taux d’actualisation, g = taux de croissance long terme, SFn = somme des flux financier, exploitation, trésorerie sur tout l’horizon, Fn = somme des flux en dernière année, on a
V = SFn/((1+k) N) + Vn / (1+k)ⁱ avec i = N
et Vn = Fn / (k-g)

On retient que Vn représente, pour bon nombre de secteurs d’activité 65% de V (contre-exemple biotechnologies plutôt 80-90 %), le taux d’actualisation est lié à une prime de risque pour l’entreprise cible.

g = R x B avec R = rendement des capitaux propres (KP), B pourcentage du RN mis en réserve (exemple si R = 10% et B = 50% alors g = 5%). ce taux de croissance doit intégrer l’inflation anticipée.

Le taux d’actualisation k peut varier selon les périodes économiques; sinon il est établi par la formule
k = ( kcp x KP + (1 – T) x i x D ) / (KP + D) avec
kcp = coût des KP, T = abaissement du coût de la dette, i = taux d’intérêt des emprunts, D = dettes MLT (retraitement sur les provisions à regarder) pour leur valeur d’émission.

Pour kcp, on peut le déterminer par la logique du MEDAF (qui date du début des années 60 et qui marche encore)
kcp = OAT + Pmm x β
avec OAT taux actuariel de l’OAT (établi par l’Agence France Trésor – cf Internet),
Pmm prime de marché que l’on peut estimer grâce à des bases telles que celles de Associés en Finance,
la Lettre de Vernimen, La Vie Financière – FacSet (cf Internet) et à corréler au secteur d’activité de la cible,
β mesure de la contribution au risque de l’action de la société dans un portefeuille diversifié peut être collecté dans les bases de données commerciales (Reuter, Bloomberg, Fininfo, etc).
Dans la pratique, on note que le β à appliquer sera 3 fois celui collecté.

Il ne reste plus qu’à passer à la pratique.

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