Développez votre carrière grâce aux 7S de Mc Kinsey

AlignementEn acceptant le poste de vice-président de l’activité Retail chez Apple, John Browett était loin d’imaginer qu’il allait faire l’objet d’articles de journaux, aussi désagréables qu’humiliants, et ce à peine quelques mois après sa prise de fonction.

John Browett a fait une carrière exceptionnelle. Après un diplôme de Cambridge et un MBA de la Wharton Business School, il rejoint le Boston Consulting Group. Il devient directeur général de Tesco puis il assume la même fonction chez Dixons Retail. En 2012, APPLE le sollicite pour prendre la direction des Apple Store : c’est la consécration.

En 2012, la crise est toujours présente dans le monde entier. En France, les sociétés du CAC 40 voient leurs profits s’éroder. Les grandes sociétés engagent des programmes de réduction des coûts. Une réduction des coûts, c’est plus de profits pour l’entreprise et les actionnaires.
Fort de son expérience, John Browett lance son propre programme.

En août 2012, une fronde éclate :
Apple Store : le premier faux pas de John Browett (Mac Génération)
La première boulette de John Browett (Mac 4 ever)

Ce qui n’a rien d’étonnant : rien de plus impopulaire que des suppressions de postes ou de promotions. Impopulaire, seulement ?

La vérité est livrée par le très sérieux journal Les Echos :

Quand la firme à la pomme recadre le nouveau patron des Apple Store (Les Echos).

Apple a fait publiquement marche arrière :
“ Ces changements étaient une erreur, et ils ont été annulés. Nos employés sont notre plus importante force, ce sont eux qui proposent un service de classe mondiale à nos clients ».

Comment une entreprise peut-elle ne pas vouloir une réduction des coûts ?

Une entreprise peut refuser une réduction des coûts quand cette réduction est en contradiction avec la stratégie de l’entreprise.

Apple est fanatiquement attaché à la convivialité, au design de ses produits et à la volonté de créer les meilleurs produits du monde. La réduction des coûts n’est pas sa stratégie.
Si un tel recadrage peut arriver à une personne aussi talentueuse que John Browett, qu’en est-il de vous et moi ? Nous ne risquons pas d’avoir notre nom dans les journaux, en revanche nous risquons de subir des conséquences déplaisantes : mise à l’écart de projets importants, désaveu en réunion devant nos pairs, voire devant nos subordonnés. Et pire encore, notre employeur peut nous licencier parce que nous ne sommes pas d’accord avec sa stratégie.

Comment être certain que vous menez des actions en cohérence avec la société qui vous emploie ?
Avant toute chose, il vous faut évaluer l’entreprise qui vous emploie : les 7S de Mc Kinsey .

Les 7S, qu’est-ce que c’est ?

C’est un outil développé par des consultants de l’entreprise Mc Kinsey : 7 aspects d’une entreprise doivent être alignés pour que l’entreprise soit performante. En anglais, ces variables commencent toutes par un S, d’où le nom.

• Stratégie (Strategy)
• Structure (Structure)
• Systèmes (System)
• Valeurs partagées (Shared values)
• Compétences, Savoir-faire (Skills)
Style
• Personnel – Ressources Humaines (Staff)

Ce modèle peut être utilisé pour mettre en place des changements dans l’entreprise, pour aligner les services et les processus suite à une fusion ou une acquisition. Il peut être aussi bien utilisé au niveau d’un service qu’au niveau d’un département. En particulier, une fois que vous aurez évalué votre entreprise, évaluez votre service et demandez-vous si les deux modèles, celui qui s’applique à l’entreprise et celui qui s’applique à votre service, sont cohérents.

La stratégie

Une stratégie se définit plus facilement par ce qu’elle n’est pas que par ce qu’elle est. En aucun cas l’excellence opérationnelle n’est une stratégie. Pour cet exercice nous allons retenir la définition de Michael Porter :

“Une position stratégique permet d’obtenir un avantage compétitif durable en étant différent des concurrents : ce qui signifie gérer des activités différentes de celles des concurrents, ou gérer les mêmes activités que les concurrents mais d’une manière différente.”

Structure

La structure d’une organisation définit comment les tâches sont organisées, qui est responsable de quoi, qui est responsable de qui. La structure définit comment les tâches sont regroupées et coordonnées.

System

Les systèmes en disent long sur une entreprise. Nous ne parlerons pas des procédures parce que les procédures sont le plus souvent mises en place suite à des pressions externes, que ce soit en finance comptabilité (Sarbannes Oxley, loi de sécurité financière) ou en qualité (AFNOR).

En revanche ces trois systèmes touchent l’entreprise de façon transversale :
• L’informatique
• Le budget
• Le mode d’évaluation des collaborateurs
Les systèmes utilisés sont laissés au choix de l’entreprise.

Les valeurs

Les valeurs sont des principes auxquels sont rattachés soit des comportements, soit un but de l’existence. Se conformer à ces valeurs est souhaitable soit individuellement, soit collectivement.
Dans une entreprise, les collaborateurs partagent des croyances sur la façon appropriée de se comporter.
Il y a les valeurs essentielles : celles qui définissent ce qu’une entreprise est. Ce sont des valeurs qui ne changent pas, quel que soit le contexte. Par exemple la magie Disney ou la volonté de la société Disney de créer du rêve et de l’imaginaire. Comme ces valeurs font partie de l’ADN de la société, elles peuvent être un avantage et un inconvénient.
Il y a également des valeurs liées au contexte : ce sont toutes celles que l’on voit fleurir actuellement sur le développement durable, ou celles qui sont liées à l’objet de la société.

Compétences et savoir-faire

Votre entreprise a un savoir-faire unique : si vous travaillez dans l’industrie, ce savoir-faire est en lien avec la production, la technique.

Le style

Le style, c’est la manière dont les objectifs se réalisent dans l’entreprise. C’est aussi le style de pouvoir qui est exercé. Comment est-il possible dans votre entreprise de faire en sorte qu’une chose soit faite ?
Quel pouvoir est le plus utilisé dans votre entreprise ?

Le personnel

Les actions “politiques” sont des actions engagées pour obtenir des avantages et ces avantages favoriseront l’avancement de carrière du bénéficiaire.
Lorsque j’ai vendu ma première entreprise, très vite le senior management a œuvré pour que la nouvelle filiale adopte toutes les procédures en vigueur dans la société qui nous avait rachetés. Il a également obtenu que les membres du personnel de notre société soient rattachés à leurs services : cela ne servait en rien la stratégie de l’entreprise mais cela permettait à chacun des managers d’étendre son champ d’action et son influence.

Le personnel de votre entreprise est-il très engagé dans des actions “politiques” ?

Comment utiliser ce que vous avez appris ?

Pour votre service et vous-même

Reprenez ces 7 éléments et faites pour votre service et vous-même le même travail.
Comparez les résultats avec les résultats de votre entreprise. Est-ce que votre service est aligné sur l’entreprise ? Vous-même, êtes-vous aligné sur l’entreprise ?
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à ces questions : plus les réponses seront alignées avec celles de votre entreprise, plus il vous sera facile d’y faire une carrière. Et plus les réponses seront éloignées, plus il sera difficile de vous y trouver bien et d’y réussir.
Quels sont vos points forts ? Quels sont les points que vous pouvez améliorer et qui vous permettront d’acquérir une plus grande influence ?

 

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