Charges incorporables : comment décider

Les ingrédients du prix de revient

Les ingrédients du prix de revient

C’est la première tâche à accomplir : décider si les charges sont incorporables ou non.

Les charges incorporables

Pour qu’une charge soit incorporable, il faut qu’elle soit consommée pour produire ou commercialiser les biens ou les services de l’entreprise.
Par conséquent, la majorité des charges enregistrées en comptabilité dans la classe 6 sont incorporables .

 

Comptes   Charges
 601/602/606 Achats, autres achats stockés et achats non stockés
 61 / 62 Autres achats et charges externes
 63 Impôts taxes et versements assimilés
 64 Salaires – Charges sociales
 681 Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions(Exploitation)
 66 Charges financières
 686 Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions(Charges financières)

 

Toutes ? Non, pas toutes.

Les charges non incorporables

Il peut arriver que l’entreprise doive faire face à des charges qui n’ont pas été consommées pour la production ou la commercialisation des biens.
Ce sont, par exemple, les charges exceptionnelles : les moins-values sur cession d’immobilisations, les dotations et les provisions exceptionnelles. Vous pouvez aussi ajouter les pénalités et amendes, les charges comptabilisées pour des raisons fiscales.
Vous comprenez sans peine qu’il faut examiner les charges et décider de les incorporer ou non et le bon sens doit vous guider.

Par exemple, les investissements inférieurs à 500€ sont censés ne pas être inclus dans les charges incorporables. Et pourquoi donc ? Tous les ans, des investissements sont inclus dans les charges parce qu’une tolérance fiscale le permet. Ce ne sont effectivement pas des charges au sens strict, mais vous n’allez pas les retraiter, si ? En fait, ça dépend du montant que vous trouvez dans la comptabilité (est-il significatif ?) ou de sa régularité (bon an mal an, avez-vous le même montant) ? Si oui, gardez-les dans les charges incorporables : ça vous évitera une migraine, à vous et à vos interlocuteurs. En revanche, si vous détectez un montant inhabituel, analysez ce montant et décidez ce qu’il faut faire.
Pour savoir si vous devez perdre du temps à retraiter ces charges, faites un calcul simple : montant des charges / nombre de produits. Si le montant est de quelques centimes ou représente un infime pourcentage du prix de vente, vous avez la réponse : laissez tomber.
Si vous obtenez un montant significatif, vous devez les retraiter.

Retraitement des charges incorporables

Les normes françaises de comptabilité privilégient la fiscalité. Donc vous allez examiner les charges d’un œil critique pour vérifier si elles correspondent à la réalité.

Les dotations aux amortissements

Il se peut que votre entreprise ait des immobilisations anciennes et totalement amorties. C’est un avantage certain pour le compte de résultat. Est-ce à dire que vous devez prendre en compte les dotations aux amortissements (ou l’absence de dotation aux amortissements) pour calculer vos coûts de revient ?
Posez-vous la question : est-ce un avantage durable d’avoir des immobilisations totalement amorties par rapport à vos concurrents ? Cet avantage est-il pérenne ? Si c’est le cas, inutile de les prendre en compte. En revanche, si vos immobilisations doivent être remplacées à plus ou moins longue échéance, calculez une charge d’usage :

Charge d’usage = Valeur actuelle / Durée probable d’utilisation

Différence d’incorporation sur les matières premières

Imaginez que pour une raison ou une autre, vous ayez bénéficié (ou pâti) d’une différence de prix sur une matière première, et ce de façon exceptionnelle : réapprovisionnement en urgence ou opportunité d’acquérir un stock à un prix réduit. Devez-vous tenir compte de ces prix dans vos coûts de revient ?
Eh bien non, c’est une charge ou un produit exceptionnels qui ne se renouvelleront pas.
Examinez toutes les charges de l’entreprise et faites intervenir votre bon sens pour décider de les incorporer ou non, de les incorporer telles quelles ou non.

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